Page:Procès-verbal de la Commission Municipale du Vieux Paris, 1898, 8.djvu/7

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année par les soins de la 3e Sous-commission ; il demande donc le renvoi à cette Sous-commission.

Lettre de M. Charles Saunier, secrétaire général de la Société historique du 6e arrondissement, signalant une porte cochère qui aurait existé rue des Gobelins et dont le linteau aurait été décoré de deux chimères sculptées présentant quelque analogie avec les motifs d’ornementation des maisons de bois du 15e siècle.

M. Charles Lucas, saisi de cette lettre par la Commission de permanence, n’a pu malheureusement obtenir du concierge et des voisins aucun renseignement sur ce qu’était devenue cette porte, dont MM. Tesson et lui croient devoir faire remonter l’enlèvement du n° 19 à près de vingt années ; la porte actuelle, substituée à l’ancienne vers cette époque, est faite avec assez de soin de petites frises de bois consolidées par des bâtis et des traverses formant saillie, mais n’offre pas d’intérêt archéologique.

M. le Président donne lecture des lettres suivantes relatives à l’envoi de documents par la municipalité de Budapest :

Ministère des Affaires étrangères.
« Paris, le 19 octobre 1898.
« Monsieur le Préfet de Seine,

M. le Chargé d’affaires d’Autriche-Hongrie vient de m’adresser, en me priant de vous les faire parvenir, une lettre du conseil municipal de Budapest et une brochure, contenant les renseignements qu’au mois de mars dernier, vous aviez exprimé le désir de recevoir touchant les sommes attribuées annuellement par la municipalité de cette ville aux travaux archéologiques.

J’ai l’honneur de vous transmettre, ci-joint, ces documents, avec une note extraite de la lettre de M. Dumba qui en accompagnait l’envoi.

Recevez, Monsieur le Préfet, les assurances de ma considération très distinguée.

Pour le Ministre et par autorisation :

Le Ministre plénipotentiaire, Illisible. »

Extrait d’une lettre adressée par l’ambassade d’Autriche-Hongrie à Paris à M. le Ministre des Affaires étrangères :

« Paris, le 6 octobre 1898.
Monsieur le Ministre,

« … La ville de Budapest affecte annuellement de 2 à 4,000 florins aux fouilles d’Aquineum (ville romaine, découverte à proximité de Budapest) et à la conservation du musée spécial qui s’y trouve. Une partie de cette somme est, en plus, attribuée à la publication annuelle : Budapest régiségii (Antiquités de Budapest), dont la dernière livraison est ci-jointe.

En outre, la ville affecte 3,000 florins par an à l’acquisition d’objets destinés à un musée archéologique qui doit être installé prochainement. Ce musée ne comprendra que des collections se rattachant à l’histoire de la capitale.

Une Commission composée d’experts est chargée des questions archéologiques de la ville.

Les fouilles, qui ont lieu pendant cinq ou six semaines de l’année, sont confiées à la direction d’un expert désigné ad hoc. »

La Commission décide de renvoyer ces documents pour rapport à M. J. Périn.

M. Charles Sellier présente, comme suite à la correspondance, la note suivante, que lui a adressée M. Toulouze, relativement aux découvertes faites l’été dernier dans les fouilles d’une maison sise au n° 11 de la place du Panthéon :

« Épaves de Lutèce.

Dans les remblais supérieurs des murailles dites de Philippe-Auguste, nous recueillîmes quelques monnaies nationales en argent. Dans la partie inférieure du sol, nous rencontrâmes des fragments de poteries gallo-romaines en grande quantité ; ici, comme dans nos fouilles des rues Gay-Lussac et Le Goff, nous sommes en présence des épaves du vieux Paris gallo-romain : fragments de catinum en terre noire, d’urna en terre jaune brique, de poteries en terre sigillée, parties supérieures de grandes amphores, petits guttus. En bordure de la place du Panthéon, près de la maison formant l’angle