Page:Procès verbaux des séances de la Société littéraire et scientifique de Castres, Année 1, 1857.djvu/128

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privée, avec les caractères qui la distinguent, et souvent même avec des singularités qui la signalent d’une manière toute particulière. C’est ce que M. Nayral a recherché ; c’est ce qui fera la matière de ses lettres. Il ne s’interdira pas pourtant ce qui regarde les hommes étrangers à la littérature : mais sa prédilection le portera toujours de ce côté ; et les noms que l’on aime, ceux que l’on admire, viendront à chaque instant réclamer l’attention et prendre leur place dans une galerie dont l’ensemble et les détails revivront dans une prose élégante et dans des vers qu’assaisonne l’esprit.

La première lettre est presque entièrement consacrée à la recherche et à l’indication des goûts par lesquels se sont signalés des hommes célèbres. La liste est longue et ne manque pas d’intérêt. Habitués à voir les personnages dont l’histoire a conservé le nom, loué les œuvres ou raconté les actions, entourés de cette auréole lumineuse que l’on appelle la gloire, nous leur attribuons trop souvent une grandeur qui n’est pas en proportion avec l’humanité. Nous ne voyons que le côté le plus beau et le plus brillant de leur existence. Nous ne soupçonnons pas assez qu’ils se rapprochent de nous par leurs inconséquences, leurs faiblesses, leurs préoccupations étroites ; que souvent même ils sont, par leurs singularités, bien inférieurs à ceux qui n’ont pour eux qu’estime et enthousiasme. C’est le tribut payé par chacun de nous à l’infirmité de notre nature. Il semble que nous ne puissions nous élever au-dessus d’un certain niveau, qu’à là condition de racheter de quelque manière nos avantages et nos succès.

Dans la galerie que parcourt M. Nayral, viennent prendre place des empereurs, des rois, des ministres, des généraux, des orateurs, des poètes, des savants, des artistes. Leur gloire n’est pas la même ; leurs services arrivent ou se maintiennent à des degrés différents : mais que de fois nous les voyons aussi préoccupés de petits détails, aussi soigneux de niaiseries, aussi jaloux de la satisfaction de ces caprices mesquins où se perd la dignité et où dispa-