Page:Procès verbaux des séances de la Société littéraire et scientifique de Castres, Année 1, 1857.djvu/129

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raît l’éclat ! Cette étude qui satisfait la curiosité, ramène l’âme à elle-même, et lui apprend ou lui rappelle des vérités dont elle ne devrait pas s’éloigner.

Pascal disait : Il est dangereux de trop faire voir à l’homme combien il est égal aux bêtes, sans lui montrer sa grandeur. Il est encore dangereux de lui faire trop voir sa grandeur sans sa bassesse. Il est encore plus dangereux de lui laisser ignorer l’un et l’autre ; mais il est très-avantageux de lui représenter l’un et l’autre. (Pensées, art. iv, vii.) C’est un grand et utile enseignement donné par celui qui avait senti si profondément toutes les contradictions de notre nature, et montré avec une conviction si énergique les deux faces sous lesquelles elle se révèle et se produit.

M. Nayral fait sortir de ces études légères une leçon qui va se joindre à celle que mettent en relief les méditations des philosophes. Des anecdotes piquantes, présentées sous une forme neuve, des rapprochements inattendus, jettent une agréable variété dans cette nomenclature de goûts, de prétentions, de petitesses, qui sont vraiment le côté faible des grands hommes, et le tribut par lequel ils rentrent dans la loi commune.

Cette première lettre est terminée par quelques révélations sur plusieurs chansonniers de l’ancien Caveau.


M. V. Canet lit la seconde partie d’une étude sur la traduction en vers, par M. le comte Gabriel de Nattes, des œuvres lyriques d’Horace.

La première condition pour traduire avec fidélité un écrivain, et surtout un poète, c’est de l’aimer. Ce sentiment qui nous attache à eux, nous fait vivre de leur vie, nous associe à leurs impressions, s’est produit d’abord en nous d’une manière instinctive. Les cœurs se rapprochent par les liens d’une affinité pour ainsi dire native, que l’analyse ne saisit pas, et qu’elle briserait si elle voulait les suivre.