Page:Procès verbaux des séances de la Société littéraire et scientifique de Castres, Année 1, 1857.djvu/17

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que des labours profonds, non des bouleversements destructeurs. En littérature, nous possédons, outre de bons ouvrages ou de beaux manuscrits en langue nationale, comme Gaches et Madiane, un idiome original, harmonieux, naïf, abondant, philosophique, ainsi que je me propose de vous le prouver plus tard en réhabilitant notre patois, mot que j’admets suivant son origine étymologique ; d’après Ménage, il vient de patrius ; et cette origine suffit pour déterminer sa signification.

En philosophie, nous avons les souvenirs laissés autour de nous par Rabelais, étudiant chez les cordeliers de Castres, Bayle, élève de l’académie de Puylaurens, et cette pléiade d’illustrations connue sous le nom de Bénédictins de Sorèze.

En histoire monumentale, il nous reste de magnifiques fragments : la villa romaine de la plaine de Gourjade, le camp césarien du plateau de Saint-Jean (castra-castrorum), la base du clocher de Saint-Benoît à Castres, l’entier clocher de l’abbaye de Saint-Victor de Sorèze, la porte près de laquelle entra triomphalement Simon de Montfort dans notre ville qu’il venait de conquérir.

En productions naturelles, nous pouvons nous enorgueillir d’un sol inépuisable et vierge, où tout se trouve, puisque la ville de Castres forme le point de jonction des trois terrains géologiques, comme l’indiquent les cartes spéciales en cette matière.

Je m’arrête, afin de ne pas me perdre dans les détails. Ceux que je viens de mentionner suffiront, je l’espère, pour vous prouver, Messieurs, que rien ne manquera à nos recherches sérieuses, à nos patientes investigations, à nos études générales ou particulières, quand nous saurons les diriger avec ordre, méthode, prudence, application.

Permettez-moi de vous prédire de bonnes destinées. Permettez-moi en même temps de vous rassurer contre les craintes que j’ai entendu manifester à l’occasion des influences plus ou moins dan-