Page:Procès verbaux des séances de la Société littéraire et scientifique de Castres, Année 1, 1857.djvu/42

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servir à l’histoire du développement et des progrès de notre langue nationale. Elles ne se perdront pas. Réunies aujourd’hui par des mains habiles, rattachées à un principe, classées avec soin, elles obtiendront une attention et arriveront à une importance que l’on n’avait pas soupçonnée jusqu’à présent. Un comité fondé en 1834, reconstitué le 19 septembre 1852, a reçu la mission de recueillir pur les contrôler utilement les documents qui intéressent la langue, l’histoire et les arts de la France. De véritables richesses sont déjà entre ses mains, ainsi que le constatent de savants et précieux rapports. En publiant soit en entier, soit par extraits ou analyses, ceux de ces travaux qui peuvent servir le plus directement à mettre en relief les premières tentatives de l’esprit français, le comité permettra de suivre les traces de cette élaboration intérieure, d’où est sortie une langue riche en chefs-d’œuvre de toute sorte.

M. Nayral fait hommage à la Société d’une pièce de vers intitulée : Le Siècle.

M. V. Canet rend compte du travail sur La Fontaine, adressé par M. Cavagnac. Peu d’auteurs ont été l’objet de plus d’études et d’appréciations que notre grand fabuliste. Et pourtant, tout n’est pas dit encore. Il y a des matières qui semblent s’étendre à mesure qu’on les travaille ; et lorsque l’on croit avoir rendu au génie qui en a tiré un parti si merveilleux, l’hommage qui lui est dû, on s’étonne de trouver dans une nouvelle manière d’envisager l’homme et l’œuvre, de plus nombreux motifs de les admirer et de les louer.

Les fables de la Fontaine sont le livre de tous. Pendant que l’homme de goût trouve en elles de puissants attraits et le philosophe de profondes observations morales, un esprit moins cultivé, mais ami du vrai et du beau, y rencontrera une distraction agréable et un charme auquel il ne pourra se soustraire. Voilà le trait distinctif de cette physionomie vraiment originale qui, en empruntant un peu partout, a su rester elle-même. Et c’est là ce