Page:Procès verbaux des séances de la Société littéraire et scientifique de Castres, Année 1, 1857.djvu/51

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n’aurait pas dû compromettre en obéissant à des rivalités passionnées.

Le Temple du goût donna naissance à de nombreuses imitations. Elles n’ont pas été heureuses. En fait d’allégories, il est rare que la première n’épuise pas complètement la veine.

Après ces voyages fictifs, on compte un certain nombre de voyages réels. Nous avons de M. de Surgères-Larochefoucault un petit ouvrage que l’on trouve trop court. M. Guys, traducteur des plus belles élégies de Tibulle, a écrit un Journal du voyage de Constantinople, plein d’intérêt et de vivacité, semé de jolis traits et de vers gracieux.

Un homme qui devait un jour arriver à la première dignité militaire de notre pays, mais qui n’était encore qu’un simple compositeur dans une imprimerie, a publié, en 1788, un Voyage sentimental et pittoresque dans plusieurs provinces occidentales de la France. On ne peut pas dire que cet ouvrage du maréchal Brune soit un chef-d’œuvre ; mais il n’est pas sans intérêt de rappeler que celui qui devait écrire, sous l’inspiration de Danton, des opuscules politiques, au milieu des plus mauvais jours de la révolution, et qui, plus tard, exerça dans de grandes et glorieuses guerres des commandements importants, avait débuté par des vers aimables, de gracieuses peintures et des récits aussi gais que frivoles.

Le Voyage de Beaune, par Piron, n’est pas digne de l’auteur de la Métromanie ; celui de Gresset, à Laflèche, ne rappelle pas assez la plume élégante et spirituelle qui écrivit Le Méchant et Vert-Vert.

M. Nayral fait justice, en passant, d’un grand nombre d’ouvrages qui ont eu leur moment de vogue. On s’explique difficilement ces succès, quelque passagers qu’ils soient. Mais l’histoire littéraire est pleine de faits de ce genre ; et l’inconséquence des hommes dépasse toutes les prévisions. Il ne faut donc pas s’éton-