Page:Procès verbaux des séances de la Société littéraire et scientifique de Castres, Année 1, 1857.djvu/77

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Sur la proposition du bureau, M. de Caumont est nommé membre correspondant.

M. J. Tillol dépose une note renfermant quelques théorèmes nouveaux sur la théorie des transversales, et de la géométrie de J’espace.

La Société renvoie l’examen de ce travail à M. Grasset, capitaine du génie, qui est chargé de faire un rapport.


M. A. Combes lit la troisième partie de ses études sur la langue Romano-Castraise.

Cette langue parlée par 35 départements méridionaux est-elle destinée à s’absorber dans le Français, et à disparaître comme le dernier et le plus tenace obstacle à l’unité ?

La question ne manque pas d’importance, et ce n’est pas la première fois qu’elle a été soulevée. Il ne faut pas méconnaître le rôle d’une langue. Expression des pensées et des sentiments d’un peuple, manifestation permanente de sa vie intellectuelle et morale, elle porte l’empreinte profonde de ce génie particulier qui marque la place et le rôle de ces grandes agglomérations dont la réunion forme l’humanité. La langue est donc intimement liée à l’existence d’un peuple : elle marque les phases par lesquelles il passe, les épreuves qu’il subit et dans lesquelles il laisse quelque chose de sa puissance, ou il acquiert des forces nouvelles. Elle reflète, avec une merveilleuse exactitude, les nuances les plus légères, les transitions les moins sensibles. Elle devient le témoin le plus fidèle que l’historien et le philosophe puissent consulter, pour constater la marche des idées et la cause des faits.

On comprend donc qu’il y ait intérêt et utilité à étudier tout ce qui se rapporte à la probabilité d’une durée plus ou moins restreinte de la langue d’un peuple. C’est de l’histoire intime que l’on fait ; c’est l’explication de l’avenir que l’on cherche dans ce qui en contient presque tous les germes ; car les modifications et les