Page:Procès verbaux des séances de la Société littéraire et scientifique de Castres, Année 1, 1857.djvu/8

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est secouée par des mains savantes et habiles. En un mot, les richesses locales ont été exploitées par des Sociétés locales ; et l’art, les lettres et les sciences n’y ont rien perdu. Sans doute ces Sociétés ou savantes, ou littéraires ont découvert peu d’étoiles, ont donné le jour à peu de poèmes épiques. Mais dans la nouvelle carrière ouverte à leur activité, elles ont montré qu’elles vivaient et qu’elles savaient faire revivre ce qui était sous leurs mains. Ces travaux scientifiques, ces mémoires historiques, ces chants nationaux exhumés par leurs soins, ne sont pas l’histoire, ne sont pas la poésie, ne sont pas la science ; mais on y trouve des éléments précieux qui serviront plus tard et qui ont déjà servi à éclairer et quelquefois à écrire l’histoire du pays, à recomposer la poésie française.

Les hommes qui se livraient à ces utiles travaux, ces nouveaux explorateurs de la terre commune, ont été récompensés de leurs efforts, recueillis et signalés dans des publications sérieuses ; leurs recherches ont pris une place honorable dans le travail intellectuel qui recommande notre époque ; et plus d’un écrivain célèbre, plus d’un savant illustre, ont su y puiser pour leurs œuvres des documents utiles et hautement avoués.

Je vous propose de suivre ces exemples. Autant qu’aucune autre, votre province renferme des traditions historiques, littéraires et poétiques ; quelques monuments en sont encore debout, d’autres peuvent être reconstruits par de fécondes recherches. Vous interrogerez ce qui reste des patients Bénédictins, dont la retraite si voisine de vous vient de se rouvrir et de revivre sous une inspiration nouvelle. Enfin ces guerres de religion dont, grâce au ciel, le souvenir seul et le deuil patriotique survivent parmi nous, vous fourniront encore d’utiles leçons pour éclairer les générations présentes. Que chacun de vous, suivant ses études et sa vocation, s’attache à un point encore inexploré de ces divers sujets, et vous pourrez, dans peu d’années, apporter votre part à l’œuvre commune. En coordonnant vos forces, en réunissant le