Page:Procès verbaux des séances de la Société littéraire et scientifique de Castres, Année 1, 1857.djvu/94

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dans le pavillon du palais de l’évêché qui sert aujourd’hui de presbytère, et où avait été transférée l’officialité. Au nombre des livres qui la composaient, il y a lieu de remarquer ceux qui provenaient de la succession du ministre Colbert, dont la bibliothèque, avec le reste du mobilier, fut vendue à Paris vers l’année 1705. Ces livres furent achetés par Mgr de Beaujeu, qui se trouvait alors dans la capitale, pour procéder aux travaux préliminaires de son installation comme évêque de Castres, et aux formalités à remplir pour obtenir l’achèvement de la cathédrale, telle qu’elle existe aujourd’hui, et qui fut inaugurée en 1718.

Telles étaient les principales richesses littéraires et scientifiques qui existaient à Castres avant 1789. Pendant la révolution, ces bibliothèques furent spoliées, après que les registres manuscrits qu’elles contenaient eurent été livrés aux flammes comme renfermant des titres féodaux. C’est de leurs débris, que se forma la bibliothèque communale, lorsque, par le fait de la révolution, les couvents et les autres établissements religieux, furent devenus propriétés de l’État, et que la ville de Castres eut acquis de ce dernier, au prix de 54,000 fr., le palais de l’évêché, avec son mobilier, dont faisait partie la bibliothèque de Mgr de Beaujeu.

M. Marignac présente ensuite le tableau des vicissitudes de toute sorte par lesquelles passa la bibliothèque formée d’abord à l’hôtel de la sénatorerie, à Frascati, ensuite transportée à la maison commune, où elle occupait trois salles : celle de l’ancien tribunal de commerce, celle des statues et celle du comice agricole ; réduite de plus de moitié dans la période de 1815 à 1830, pendant laquelle ses salles furent d’abord envahies par le conseil de discipline de la garde nationale, et servirent ensuite aux audiences du juge d’instruction ; enfin restaurée en partie depuis lors par les soins des diverses administrations municipales qui se sont succédé à la tête de la commune, notamment par celles de MM. Alby et Mahuzié, avec le concours de M. de Falguerolles, député de l’arrondissement.