Page:Prosper Guéranger - L'année liturgique - 1858 - Tome 1.djvu/24

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XIV
Préface


mettre à leur place. Nous dirons ensuite que si, dans la divine Psalmodie, on compte plusieurs degrés, en sorte que les inférieurs s’appuient encore sur la terre et sont accessibles aux âmes qui sont dans les labeurs de la Vie purgative ; à mesure aussi qu’elle s’élève sur cette échelle mystique l’âme se sent illuminée d’un rayon céleste et parvenue au sommet, trouve l’union et le repos dans le souverain bien. En effets ces saints Docteurs des premiers siècles, ces divins Patriarches de la solitude, où puisaient-ils la lumière et la chaleur qui étaient en eux, et qu’ils ont laissées si vivement empreintes dans leurs écrits et dans leurs œuvres, si ce n’est dans ces longues heures de la Psalmodie durant lesquelles la vérité simple et multiforme passait sans cesse devant les yeux de leur âme, la remplissant, à grands flots, de lumière et d’amour ? Qui a donné au séraphique Bernard cette onction merveilleuse qui coule en fleuve de miel dans tous ses écrits ; à l’auteur de l’Imitation, cette suavité, cette manne cachée qui, après tant de siècles, ne s’affadit jamais ; à Louis de Blois, cette douceur et cette tendresse inénarrables qui émeuvent tout homme qui voudra lui prêter son cœur, si ce n’est l’usage habituel de la Liturgie au milieu de laquelle leur vie s’écoulait avec un mélange de chants et de soupirs ?