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RÉCITS DU LABRADOR

vers la hauteur des terres et traversent même jusqu’à la Baie d’Hudson. Toutefois cela est assez rare et presque tous reviennent à la mer dès les premiers jours de juin.

Le costume qu’ils ont adopté est le costume des blancs. Ils n’ont conservé que le mocassin. Ils tiennent à la beauté des étoffes qui les vêtissent autant qu’à leur qualité, et quand la chasse a été abondante il n’est rien de trop cher pour eux. Le costume des femmes est le même pour la petite fille de deux ans que pour l’adulte et pour la femme arrivée à la dernière période sénile. Il est atroce, ce costume, et ne fait guère honneur au goût des Pères Oblats qui l’ont conçu. La coiffure surtout est d’une incommensurable laideur, et si la belle Hélène en eût porté une semblable, Ménélas n’eût jamais été obligé de s’allier aux Atrides pour s’emparer de Troie. Cependant, j’ai vu des Montagnaises assez belles ; mais en général, les hommes sont mieux construits que les femmes. Cela tient sans doute à la somme de travail qui incombe à la sauvagesse, le sauvage estimant, ainsi que l’Arabe, que la femme est faite pour le travail et l’homme pour la chasse. Néanmoins, je ne me suis jamais aperçu que les sauvagesses fussent brutalisées par leurs