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RÉCITS DU LABRADOR


LA TEMPÊTE


— Philippe ?

— Monsieur !

— Nous sommes mal pris.

— Oui, monsieur.

— Envoie à terre. J’ai havré autrefois dans un trou de ruisseau. Je crois l’apercevoir, en face de nous, au plain, entre ces deux falaises. Le vois-tu ?

— Oui, monsieur.

— Arrive droit dessus.

Et pendant ce dialogue, la mer grossissait toujours sous l’effort du vent qui augmentait de minute en minute. Une heure après, nous étions assez rapprochés de la côte pour en distinguer tous les détails.

La mer commençait à s’effondrer à un demi-mille au large et dépliait ses houles immenses sur le sable de la plage. Impossible d’aborder sans chavirer.

— Philippe ?

— Monsieur !

— Nous allons verser.

— Oui monsieur.

— Sais-tu nager ?

— Comme un grappin !