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RÉCITS DU LABRADOR

lui d’aller rejoindre ses aïeux. Il doit, en retour, protéger ce troupeau, veiller à son accroissement normal, à sa conservation et s’interdire rigoureusement tout meurtre de l’un des sujets qui le composent. Ce sont là, si je ne me trompe, les points saillants des lois qui régissent en Islande, en Suède et en Norvège l’exploitation et la propriété du canard eider. L’on se demande avec stupéfaction comment des lois si sages restent encore inappliquées sur la côte du golfe Saint-Laurent, où ce canard existait autrefois en troupes innombrables et où il se rencontre encore en quantité suffisante pour mériter quelques efforts. La rive nord en possède deux espèces : L’une — Somateria molissima — vulgairement la Moniac, — niche en grande quantité sur la côte malgré la guerre impitoyable dont elle est l’objet ; l’autre — Somateria spectabilis — eider remarquable, qu’à l’imitation des aborigènes nous appelons aussi le Warnicootaï, ne s’y voit qu’en passant dès l’origine du printemps, et très tard dans les derniers jours de l’automne. Il stationne peu dans nos parages et niche, beaucoup plus au nord, sur les bords de l’Atlantique.

La femelle de la moniac est d’un brun très foncé dans sa jeunesse et d’un roux jaunâtre dans l’âge mûr. Sa taille sans élégance, surtout quand elle marche sur les