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RÉCITS DU LABRADOR

à plat ventre l’un derrière l’autre, cherchent à diminuer la distance qui les en sépare. Puis, rendu à portée, le tireur fait feu et son compagnon se hâte d’habiller les animaux tués par le coup de fusil.

Un tireur expérimenté, qui sait profiter du moment où les phoques lèvent la tête pour humer les émanations de l’ennemi, peut en tuer jusqu’à quatre d’un seul coup.

Pour en terminer avec les divers procédés de chasse employés pour s’emparer de ces animaux, je dirai quelques mots des grands filets en usage chez les planteurs du grand nord.

Ces filets sont construits avec du fil très fort. Ils sont ralingués avec une grande solidité.

On les dispose sur les pointes et dans les passes situées entre les îlots du large et de la terre ferme. Les mailles, comme celles du chaudenette ont six pouces de côté.

L’une des extrémités de ce filet, très grand puisqu’il peut avoir des centaines de brasses de longueur, est fixée à un premier cabestan, l’autre extrémité, laissée momentanément libre, vient rejoindre au moyen d’une longue ligne, et en se recourbant, un deuxième cabestan placé à quelque distance du premier.

Quand les phoques se sont engagés en troupe suffisante en dedans de la courbe