Page:Puyjalon - Récits du Labrador, 1894.djvu/77

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
76
RÉCITS DU LABRADOR

décrite par le rets, ou ramène le plus vite possible l’extrémité libre à terre, et ils se trouvent emprisonnés ainsi entre le filet et la terre. Il ne reste plus qu’à les tuer à coups de fusil, ou de bâton et à les habiller.

C’est par cette méthode que M. Robertson, de la Baie Rouge, au grand nord, s’emparait, il y a une quinzaine d’années de trois à quatre milles loups-marins tous les ans.

Cette chasse se fait à la fin de l’automne, c’est-à-dire de décembre en janvier.

Les phoques sont doués d’une certaine intelligence, dit-on. Ils apprennent à dire facilement, en domesticité, papa et maman ! J’y veux bien croire. Cependant, je pense qu’ils ont juste ce qu’il leur faut et qu’il ne saurait rien prêter à nos politiciens. Quoi qu’il en soit, les chasseurs affirment que, lorsqu’ils sont cernés sur les grandes banquises et sans espoir de gagner l’eau libre, ils savent choisir le point le moins résistant du champ de glace et s’y entasser les uns par-dessus les autres jusqu’à ce que leur poids ait défoncé la banquise et qu’ils aient pu par ce moyen regagner la mer.

Je n’ai jamais vu se produire le fait que je viens de raconter, mais il m’a été affirmé par plusieurs chasseurs acadiens qui paraissaient sérieux.