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RÉCITS DU LABRADOR

sieur, elles risquent toujours plus que vous, me dit Grégoire.

C’était plein de bon sens. Je saisis mon arme et tirai dans le tas. Tous les oiseaux s’envolèrent, sauf deux qui gisaient inanimés.

Le coup était surprenant et vous n’êtes pas obligé d’y croire ; d’ailleurs, il importe peu, l’essentiel était accompli. Je tenais la base du ragoût de Ludivine.

Une heure après, nous étions à terre. Le soleil était encore haut sur l’horizon. Avant de débarquer notre morue et de nous mettre à trancher, j’envoyai Grégoire porter les deux oiseaux à sa femme, la priant de mettre tous ses soins à la confection du plat depuis si longtemps convoité.

Vers huit heures du soir, notre morue, piquée, décollée et tranchée, était transportée sous notre chauffaud. Après l’avoir salée et empilée avec toute la célérité et tout le soin dont nous étions susceptibles, nous nous dirigeâmes vers la maison de Grégoire, où devaient nous attendre et où nous attendaient, en effet, Ludivine et son ragoût.

Nous entrâmes et, après nous être lavé les mains dans le plat éclectique qui sert, dans une maison de pêcheur, aux usages les plus variés et les moins exprimables, nous nous assîmes près de la table bientôt allait fumer le plat de nos rêves.