Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/137

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tion. Si les formes ne cadrent pas avec leur théorie ; les objections que font ces spéculateurs contre un gouvernement antique et bienfaisant, acquièrent aussitôt toute la validité de celles que l’on ferait contre la tyrannie la plus violente ou l’usurpation la plus récente. Ils sont toujours en contestation avec les gouvernemens, non pas à cause des abus qu’ils leur reprochent, mais parce qu’ils mettent toujours en question leur compétence et leur titre. — Je n’ai rien à répondre aux grossières subtilités de leur politique métaphysique : qu’ils s’en amusent dans les écoles :


. . . . . illa se jactet in aula
Æolus, et clauso ventorum carcere regnet ! (Virg. Æ. 1.)


. . . . . Qu’elle y tienne sa cour,

Des rêves, de l’erreur c’est l’éternel séjour !


Mais ne souffrons pas qu’ils brisent leur prison, pour souffler comme le vent d’est, ravager la terre par leurs ouragans, et déchaîner les flots de l’Océan pour nous inonder.

S’agit-il des véritables droits de l’homme ? Alors je suis aussi loin d’en rejeter la théorie, que mon cœur est rempli du désir d’en maintenir, dans la pratique, tous les avantages. En déniant les fausses prétentions des droits de l’homme, je n’ai nullement l’intention de faire tort à celles qui sont réelles, et qui sont telles ; leurs prétendus droits les détruiraient absolument. Si la société civile est faite pour l’avantage de l’homme, chaque homme a droit à tous les avantages pour les quels elle est faite. C’est une institution de bienfai-