Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/25

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Shelburne pour lui succéder comme chef de la Trésorerie, Burke se retira. Le ministère de lord Shelburne fit place à celui qu’on désignait sous le nom de coalition, parce qu’il était composé d’une portion des ministres qui avaient été l’objet d’une si longue et si forte opposition, et de plusieurs membres de cette opposition elle-même. Le projet de la coalition fut conçu par Burke, qui parut avoir peu calculé l’effet qu’aurait sur le public un choc aussi violent donné à toutes les idées de bonne foi et de stabilité. Cette nouvelle association de pouvoir fut rompue par le bill sur l’Inde, de Fox, que Burke appuya fortement, mais qui déplut également au roi et au peuple. Pitt prit alors le timon des affaires, et commença par dissoudre le Parlement, opération attaquée avec chaleur par Burke. Il fut également contraire à un plan proposé en 1782 par le ministre, qui portait atteinte aux droits reconnus des propriétaires de bourgs, et il n’approuva jamais l’idée, mise en avant, d’une réforme parlementaire. Le procès du gouverneur des Indes orientales, Hastings, a été l’un des événemens les plus remarquables de la vie de Burke. On a présumé que des motifs de ressentiment particulier s’étaient joints, dans cette grande cause nationale, à sa passion pour la justice. Au total, sa conduite dans cette affaire ne lui fit rien gagner dans l’estime publique, et servit seulement à donner une plus grande idée de son talent d’orateur. L’établissement d’une régence, à l’occasion de la maladie du roi, en 1788, fournit à Burke une occasion de se signaler. Il lutta avec vigueur contre la proposition de limiter les pouvoirs du régent, et contre le principe, posé par le ministre, que la régence était élective et non héréditaire. Les efforts du parti du l’opposition, en