Page:Régnier - 1914-1916, poésies, 1918.djvu/66

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
60
1914-1916


De nouveau les fruits mûrs pendront aux branches torses
Oh ! la gerbe d’août au chaume du guéret !
Oh ! le parfum de l’algue et l’odeur des écorces,
Car la mer écumeuse est sœur de la forêt !

De nouveau l’âpre hiver se parera de givre ;
Nous entendrons les chiens à la lune aboyer
Et nous verrons, dans les longs soirs glacés, revivre
La lumière à la lampe et la flamme au foyer.

La tendresse et l'amour au cœur des jeunes femmes
Mystérieusement battront comme autrefois,
Mais quelque chose aura rendu graves les âmes
Lorsque pour le serment s’enlaceront les doigts ;