Page:Régnier - Escales en Méditerranée.djvu/125

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Paris, en artiste, en bohème, – oh ! une bohème dorée, – ce qui ne l’empêchait pas de s’occuper du jeune Washington ou Lincoln, comme vous voudrez, qui, de plus, était confié à un abbé, bien que de religion protestante. L’abbé habitait avec eux et tout ce petit monde s’entendait fort bien. Un jour, j’avais à parler à Annabel, c’était le nom de mon Américaine, il faisait très chaud, on était en plein été. Je sonne. On me dit que Madame me recevra certainement. Le valet de chambre m’ouvre la porte de la salle à manger et qu’est-ce que je vois, installés autour de la table ? le gosse, la maman, l’abbé et le modèle qui avait posé pendant la matinée, une fort belle fille, ma foi, qui complètement nue, à poil quoi ! renversée avec une chaude béatitude au dossier de sa chaise, sirotait son café en fumant une cigarette sous le regard bienveillant de l’aimable Annabel, du jeune Washington et du bon abbé, tous fort à l’aise devant ce spectacle innocemment paradisiaque.

— Paris.

— Paris...




Nous avons passé entre les îles d’Imbros et et de Samothrace et nous approchons des Dardanelles. Bientôt apparaît une côte basse et