Page:Régnier - Escales en Méditerranée.djvu/126

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jaune. C’est la presqu’île de Gallipoli et l’entrée de l’Hellespont. Voici Koum-Kalé et ses batteries, voici Tchanak où de vieux cuirassés turcs surveillent le passage et avec qui il faut parlementer pour pouvoir suivre l’étroit couloir d’eau qui aboutit à la mer de Marmara. Ce premier aspect de la Turquie n’a rien de séduisant. On navigue entre deux rives de terre jaunâtre, dont l’une fut l’antique Troade, mais au delà de ce triste paysage, c’est le Bosphore, c’est Stamboul, c’est Constantinople et son prestige. En attendant nous coupons le flot de la Marmara. On y croise des barques aux singulières voilures, aux formes archaïques. Elles sont bien inoffensives, et pourtant elles font songer à des histoires de pirates, de captifs, de matraque et de pal, tandis que des vols d’alcyons rasent la surface de la mer d’une aile infatigable et éternellement errante, des alcyons qui sont les elkovans des ballades romantiques.




Nous ne serons en vue de Stamboul que demain à l’aube.