Page:Régnier - Escales en Méditerranée.djvu/128

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


dissimulé, Stamboul naissait à nos yeux. Il nous révélait ses assises étagées, avançait dans la mer sa pointe du Sérail, ouvrait devant nous l’avenue de son Bosphore. De l’autre côté de la Corne d’Or, Galata dressait sa tour génoise, Péra entassait ses maisons. En face Scutari d’Asie groupait les siennes et tout cela se nommait de ce grand nom : Constantinople.




Nous sommes ancrés devant l’arsenal de Top-Hané où quelques sentinelles, coiffées du fez, gardent quelques vieux canons. Au-dessus de l’arsenal s’élève une petite mosquée. La force du courant fait virer les corps morts dont les grosses bouées rouges tournoient. À côté de nous le stationnaire français Le Vautour, Commandant Julien Viaud, profile ses lignes grises. Des caïques rôdent. Les bateaux qui desservent les deux rives du Bosphore battent l’eau de leurs roues à aubes. Sur la rive d’Asie nous apercevons le Palais de Beylerbey, sur celle d’Europe le Palais de Tcheragan. En face de nous, Péra, la haute bâtisse de l’Ambassade d’Allemagne et plus loin les verdures d’Yldiz-Kiosk. Le yacht va charbonner et nous le quittons pendant quarante-