Page:Régnier - Escales en Méditerranée.djvu/130

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


bois et les trottoirs qui le bordent se pressent voitures, charrettes, cavaliers, piétons. Le long des parapets des mendiants tendent la main. Les piécettes tombent dans la sébile des aveugles. En face se dresse le magnifique décor de Stamboul. La Corne d’Or s’étend, port de guerre à la fois et de commerce. De vieux cuirassés y séjournent et les paquebots s’y amarrent. Toutes sortes de barques, de vedettes, de caïques le sillonnent. Au fond, on aperçoit les cyprès du cimetière d’Eyoub et sa mosquée. Quelquefois le pont se relève pour laisser entrer ou sortir quelque steamer ou quelque cargo dont la sirène déchire l’air. Au bout du pont de Galata, la mosquée de la Sultane Validé nous accueille du haut de ses marches. Sur la place qu’elle domine les cireurs de bottes nous assaillent. Le long d’un mur s’alignent des chevaux de louage. Les rues de Stamboul sont plus propices aux cavaliers qu’aux piétons et aux voitures.

Nous nous en apercevons quand nous avons pris place dans le landau qui nous fera faire une première rapide promenade à travers Stamboul. Pour les cochers turcs, il n’y a pas d’obstacles, ni encombrements, ni fondrières, ni blocs de pierre en pleine chaussée, ni descente à pic, ni rude montée. Leur allure est le galop. Il faut tout de suite prendre son