Page:Régnier - Escales en Méditerranée.djvu/149

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Hier, dans une rue de Stamboul, nous avons rencontré deux élégants coupés, au vernis brillant, aux beaux attelages fringants, strictement clos par des volets. A côté du cocher était assis un grand nègre, coiffé du fez et vêtu d’une longue redingote noire boutonnée. Un autre nègre, aussi en fez et en redingote, trottait à la portière. Ces voitures menaient en promenade des femmes du Sultan, escortées des eunuques noirs chargés de leur garde.




Nous sommes allés chez divers marchands de tapis dont l’un qui habite près de la mosquée Chav-Lavi. Nous montons un escalier assez raide et on nous fait entrer dans une chambre, tendue d’un vulgaire papier et garnie de meubles quelconques. Le marchand, un Arménien au nez crochu, nous offre des fauteuils, disparaît un instant et revient suivi de deux hommes qui portent de longs rouleaux qu’ils déposent debout dans un coin de la pièce et qu’ils déroulent successivement. Chacun de ces rouleaux est un tapis, et la lecture des pages de ce poème des laines colorées commence.

D’Asie Mineure, d’Afghanistan, de Perse, il y en a de toutes provenances, de ces tapis,