Page:Régnier - Escales en Méditerranée.djvu/152

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Asie c’est Beyler-bey. A côté de ces palais impériaux s’élèvent de belles demeures, résidences de pachas ou de gens considérables, généralement bâties à l’italienne, dominant le détroit de leurs terrasses sur beaucoup desquelles on voit se promener un factionnaire. Il y a aussi d’agréables habitations particulières, certaines construites en bois à la mode turque, quelques-unes sur pilotis avec des hangars pour les caïques. Après avoir dépassé Bebek et Kandeli on arrive à Roumeli-Hissar. Un haut mur crénelé monte au flanc de la colline jusqu’aux grosses tours de la forteresse. Au bord de l’eau, parmi ses cyprès, un petit cimetière avec ses tombes enturbanées, pacifique enclos funèbre dont le repos fait contraste avec la vivante violence du courant qui passe auprès et que considère, debout sur la berge, un vieux turc barbu, roulant entre ses doigts les grains de son « tesbi », à côté d’un chien jaune qui rôde là, famélique et efflanqué.




Loti nous a conduits à une mosquée qu’il aime, à la Mehmed Zoccoli Pacha Djami. Elle est toute proche de l’At-Meïdan et de Sainte-Sophie. Une rue solitaire y mène où nous ne