Page:Régnier - Escales en Méditerranée.djvu/153

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rencontrons qu’un troupeau de chèvres que surveille une fillette déguenillée. Une des chèvres a au cou un collier fait de grosses boules de verroterie bleues. La mosquée, qui fut une église byzantine, est précédée d’une cour carrée qu’entourent des arcades sous lesquelles s’ouvrent des boutiques. Dans l’une est établi un barbier. Il a installé son client au dehors sur une chaise et il opère en plein air. On pense aux Mille et une Nuits. Le barbier est un personnage qui joue un grand rôle dans les Contes de l’Orient. D’ailleurs le lieu est tout à fait le décor d’un conte populaire. Il est habité par de petites gens à métiers. Sur les dalles de marbre des enfants se poursuivent. Des hommes passent portant des paniers, s’arrêtent un instant pour causer. Des femmes vont puiser à la fontaine. Son bassin est abrité sous un kiosque et protégé par de belles grilles de ferronnerie. Son eau s’échappe par des conduits et s’écoule dans une rigole circulaire ; son eau captive comme une femme en ce harem liquide. Elle y miroite dans l’ombre, fraîche, limpide, mystérieuse...

Le vieil Iman est un ami de Loti. Il porte le turban vert des pèlerins de La Mecque. Nous entrons à sa suite dans la mosquée... Silencieuse, déserte, elle serait propice aux