Page:Régnier - Escales en Méditerranée.djvu/177

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sous des ombrelles, de jeunes beys et de jeunes attachés d’ambassade. Un long caïque promène, paresseusement étendu en une pose efféminée et languissante, un bel adolescent qu’on nous dit être le fils du Cheiek-ul-Islam, puis peu à peu le vide se fait sur le ruisseau crépusculaire et nous retrouvons le flot puissant et rapide du Bosphore. Nos caïdjis pèsent lourdement sur les rames pour remonter le courant et nous disons adieu aux Eaux-douces d’Asie comme bientôt nous le dirons à Beïcos, à Thérapia, à Stamboul, car le moment du départ approche.




Ce matin nous sommes entourés d’un épais brouillard, si épais que nous n’apercevons plus le Vautour, ancré cependant non loin de nous. Quand il se lève nous découvrons un gros cargo russe qui vient sur nous et nous aurait abordés par le travers si le voile de brume avait tardé quelque peu à se dissiper.




Nous avons pris congé de Loti qui, sachant que nous nous rendions à Brousse, nous a confié mystérieusement un petit paquet soigneuse-