Page:Régnier - Escales en Méditerranée.djvu/179

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à l’ombre dans une anse est invisible. Tout parle la voix secrète de la solitude.




Dans la petite gare de Moudania, le train attend, qui va nous mener à Brousse en une lente montée à travers un paysage de terre fertile que borne dans le lointain la masse de l’Olympe de Bithynie. Dès l’arrivée, c’est vers la Yechil-Djami, la Mosquée Verte, que nous nous dirigeons par des rues montueuses, bordées de maisons de bois à moucharabiehs, des maisons peintes généralement d’une couleur brune ou rougeâtre. Sur une esplanade où s’inclinent quelques vieux arbres et d’où l’on a sur Brousse une vue magnifique, se dresse, en son marbre d’une douce blancheur, la Yéchil-Djami. Son vestibule franchi, sa nef s’offre, carrée, couverte par la coupole qui la domine, et séparée de son abside par deux puissants piliers de marbre. Au centre de la nef, un bassin d’eau pure miroite, verdi par les reflets des faïences qui revêtent le bas des murs, d’une somptuosité toute persane, car c’est de la Perse que viennent ces céramiques merveilleuses, d’un vert bleuâtre, d’une nuance, si l’on peut dire marine, et qui font de cette mosquée une sorte de grotte enchantée. Elles