Page:Régnier - Escales en Méditerranée.djvu/182

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de la mort qui est un jardin de grands arbres et de rosiers. C’est dans cette enceinte que s’élèvent les dix turbés dont le premier qu’on y rencontre est celui du Prince Moussa décoré de carreaux de faïence verte, mais dont le vert est de deux nuances, l’une claire, l’autre foncée. Ces carreaux sont disposés de façon à former des dessins géométriques. Une bordure de céramique à dessins bleus sur fond blanc encadre le revêtement et s’orne d’inscriptions en beaux caractères coufiques. Racontent-ils que le Prince Moussa, fils de Bayazid Ier, fut étranglé par son frère Mohammed Ier ? J’en doute. D’ailleurs ces sombres drames ne nous touchent guère. L’histoire en conserve le souvenir, mais ils n’intéressent guère que les historiens. Les hommes sont indifférents à la mort de leurs semblables. Le temps passe et la vie continue. Rien n’empêche les arbres de croître, les roses de fleurir, l’eau de couler. Celle qui jaillit au centre de ce bassin de marbre, à l’ombre de ce large platane, est limpidement pure. Écoutons son murmure avant de pénétrer dans le turbé voisin, celui de Mourad Ier.

Ce n’est pas le plus remarquable quoiqu’il présente une singularité. C’est dans la terre même qu’a voulu reposer le Sultan Mourad, dans une terre qu’arroserait l’eau du ciel.