Page:Régnier - Escales en Méditerranée.djvu/215

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


au seuil du désert. D’où nous sommes, nous l’apercevons jaune, stérile en sa morne étendue. Là-bas, au delà de l’horizon, dans la solitude des sables, c’est Palmyre ; là-bas, c’est Bagdad et l’Euphrate, tout ce qui ne sera jamais pour nous que de ces noms qui font rêver...




Avant de quitter Damas, j’ai acheté un tapis. Il est sans grande valeur, pas très ancien, un peu usé, mais je l’aime parce que sur son fond rose se détachent trois médaillons d’un jaune très doux, légèrement teinté de vert. Je l’aime pour la large bordure qui l’encadre, pour ses couleurs passées, éteintes.




Damas a disparu derrière nous. Sur la route qui, à cet endroit, longe la voie du chemin de fer, le sifflet de la locomotive a effrayé une caravane de chameaux qui, en débandade, s’est mise à fuir à travers champs. Lentement le train gravit les premières pentes du Liban et nous avons refait en plein jour le chemin que nous avions suivi par une si belle nuit de lune. Puis nous sommes descendus