Page:Régnier - Escales en Méditerranée.djvu/227

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esplanade reposent en guise de socles sur leurs chapiteaux. Ce sont aussi d’antiques fûts de marbre qui font la beauté de la mosquée. Leurs rangées s’alignent, entre-croisent leurs rondeurs luisantes. Les ans ont poli leur matière marmoréenne. Certaines de ces colonnes sont si rapprochées l’une de l’autre que l’on peut à peine se glisser entre elles. Il y en a qui semblent vivantes comme des corps. Leur foule mystérieuse semble en prière, debout dans un silence que protègent contre tout bruit profane de lourdes portes, d’un bois incorruptible aussi dur et aussi solide que du bronze.




Il y a d’autres mosquées dans Kairouan. Celle « des Sabres » n’offre rien de bien curieux. En dehors de la ville, à quelque distance, il en est une qui s’appelle, je crois, la mosquée du Barbier et que décorent des faïences de médiocre qualité. Alentour s’étendent des espaces de sable nu. La mosquée semble endormie dans la chaude solitude qui l’environne. En revenant nous sommes retournés à la grande Mosquée et nous sommes montés jusqu’à la première galerie du minaret. Le jour déclinait et dans le ciel pur tourbillonnait un vol frénétique d’hirondelles. Au loin-