Page:Régnier - Escales en Méditerranée.djvu/46

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puscules nous enveloppe peu à peu. Le vent est tombé. Le pavillon a été amené. Les feux de position s’allument, verts et rouges. Le yacht s’illumine. Les argenteries et les cristaux brillent sur la table de la salle à manger et la veste immaculée du stewart complète la virginité du linge. Nous sommes dans le pays des hommes vêtus de blanc. Il n’y manque que la blanche parure aérienne des voiliers ; le yacht la remplace par la blanche peinture de sa coque et de sa lisse, par le blanc vernis de ses cabines. Maintenant la nuit est tout à fait venue, la première nuit en mer, dans le silence des étendues désertes où vibre le frémissement sourd de l’hélice, sous la légère blancheur des draps, avec l’attente joyeuse du réveil. Tout dort, même le chien chinois roulé en boule soyeuse sur le divan du salon, même le beau perroquet jaune et bleu, une chaîne à la patte et l’œil rond comme un hublot, se balançant sur son perchoir, tout dort excepté l’infatigable et l’active hélice, excepté l’officier et les hommes de quart, excepté l’aiguille éternellement vacillante de la boussole dans son habitacle.




Je marche avec plaisir sur le pont. Ce