Page:Régnier - Escales en Méditerranée.djvu/72

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saïques de la Chapelle Palatine sont fort belles et emplissent toute la longue nef de leur miroitement sacré.

Nous sommes allés finir la journée dans les jardins du Palais d’Orléans. Le long d’un mur montaient de puissants plants de daturas. Leurs fleurs, toutes bourdonnantes d’abeilles acharnées à leurs sucs odorants, répandaient un parfum si fort, si profond, si voluptueux que l’air vénéneux était tout saturé de leur poison. Nous avons voulu emporter avec nous quelques-unes de ces grandes fleurs. À peine cueillies elles sont devenues molles, fanées, mortes en leurs robes de sorcières exorcisées.




En voiture à Monreale. On traverse d’abord un long faubourg populeux, sans grand caractère, où des polissons en guenilles nous saluent de leurs cris et de leurs gambades, puis bientôt la route commence à s’élever en lacets. De belles verdures, de frais jardins la bordent, des villas pittoresques et baroques. Çà et là, le long du chemin, des fontaines coulent en des bassins d’un curieux style rococo. L’air est doux et tiède, un air un peu las, un peu langoureux, un air de fin de belle journée, tout chargé d’un parfum