Page:Régnier - Escales en Méditerranée.djvu/94

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myriades d’insectes, bourdonner des essaims de mouches, frémir le silence d’une trépidation sonore. Olympie n’est plus qu’un nom dans un paysage aux lignes doucement harmonieuses et sans beauté qui s’impose. Allons voir celle qu’ont tirée du marbre le marteau de Pœonios et le ciseau de Praxitèle. Les sculptures, exhumées des fouilles, sont réunies dans le musée. Toutes, faites pour décorer des frontons, des frises, des métopes, pour être vues de loin, elles ont quelque chose de monstrueux en leurs difformités optiques. Lapithes et centaures s’y combattent en des mouvements d’autant plus inexplicables que ces figures sont mutilées. Aussi est-on rassuré quand, quittant des yeux cette mêlée barbare, on aperçoit debout le beau corps viril de l’Hermès de Praxitèle. Le dieu rusé se montre à nous, sans fourberie ni malice, en sa noble stature humaine. Éducateur, il n’apprendra à l’enfant qu’il tient sur son bras que ce qu’il faut pour déjouer la méchanceté des hommes et les embûches du sort. Il est la figure de la Sagesse ingénieuse.

Moins bien que l’Hermès de Praxitèle la Victoire de Pœonios a supporté les injures du temps. La Victorieuse a été cruellement vaincue par lui. Il a déchiré sa chair et a brisé ses ailes. Il a détruit son visage, mais son