Page:Régnier - Escales en Méditerranée.djvu/96

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Soudain des rires fusent et, dans les fenêtres, s’encadrent des figures de polissons qui sont parvenus à se hisser jusque-là. Quand nous sortons, cette bande de vauriens hilares s’éparpille dans les maïs avec des gambades et des cris.




Nous avons aperçu d’assez loin Missolonghi et nous sommes arrivés à Patras au jour tombant, les yeux encore pleins de la lumineuse beauté de ces eaux profondes dont la fraîcheur marine combat la chaleur de l’air brûlant en sa pureté à travers laquelle la côte dessine ses hautes lignes montagneuses sur un ciel qui semble fait d’un azur solide. Tout ce paysage de terre et d’eau a je ne sais quoi de définitif en sa perfection. Le souvenir qu’on en garde prend tout de suite une sorte de fixité qu’il conservera intacte à jamais dans la mémoire. On en est comme rassuré. On sait que l’on n’aura plus tard aucun effort à faire pour retrouver les images qu’en emportent les yeux.

Patras ne fait pas aux nôtres figure très avenante. Une chaleur lourde, quoique déjà crépusculaire, nous y accable. Du yacht somnolent à son ancrage, nous voyons la ville