Page:Réveillaud - Histoire du Canada et des canadiens français, de la découverte jusqu'à nos jours, 1884.djvu/158

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rations en plein hiver, et, malgré les rigueurs de la saison, une campagne de deux mois, faite sur la neige, raquettes aux pieds, par des chemins impraticables et par 125 hommes chargés de leurs armes, de leurs munitions et de leurs vivres, rendit la France maîtresse de tous les postes et de tous les établissements de l’île. Le fort de Bonneviste et l’île de Carbonnière inabordables en hiver restèrent seuls aux mains des Anglais. Deux cents Anglais tués et sept cents prisonniers, tel fut le bilan de cette hardie expédition.

D’Iberville se préparait à aller attaquer les deux derniers postes des Anglais lorsque, au mois de mai 1697, une escadre de cinq vaisseaux arriva de France sous les ordres de M. de Serigny et vint mouiller à Plaisance. Elle apportait à d’Iberville l’ordre de conduire une autre expédition dans la baie d’Hudson, où les Anglais avaient repris le fort Bourbon ou Nelson.

Obéissant à ces instructions, d’Iberville partit, le 8 juillet, de Terre-Neuve avec trois vaisseaux et un brigantin, et arriva, le 8 août, dans la baie d’Hudson. « Les glaces, raconte-t-il lui-même, poussées par les courants, nous poussèrent si fort qu’elles écrasèrent le brigantin, sans qu’on pût sauver rien que l’équipage. » Les trois vaisseaux furent bloqués par les glaces du 8 au 28 août, puis séparés les uns des autres ; tous éprouvèrent des avaries considérables. La mer étant enfin devenue libre, d’Iberville, monté sur le Pélican, de 46 canons, prit la route du fort Nelson, et arriva en vue de ce fort le 4 septembre. Le 5, il aperçut trois vaisseaux anglais, un de 52 canons et de 250 hommes d’équipage, et deux de 32 canons. Bien qu’il fût seul, ses deux vaisseaux ne l’ayant pas encore rejoint,