Page:Réveillaud - Histoire du Canada et des canadiens français, de la découverte jusqu'à nos jours, 1884.djvu/157

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core. En vue de chasser les Français de l’île, une escadre anglaise de cinq vaisseaux, sous l’amiral Williams, vint attaquer Plaisance vers la mi-septembre 1692. Le gouverneur, M. de Brouillan, quoiqu’il n’eût qu’une garnison de cinquante hommes, fit si bonne contenance qu’il resta le maître de la place. La Hontan qui se trouvait à Plaisance à ce moment et qui prit le commandement de soixante matelots basques pour empêcher le débarquement des Anglais, raconte que ceux-ci crurent avoir affaire à des forces de beaucoup supérieures et jugèrent prudent d’appareiller pour la retraite[1]. Quatre ans plus tard, ce fut au tour des Français de prendre l’offensive. D’Iberville, après la prise du fort Pemaquid, était venu d’Acadie pour concourir avec M. de Brouillan aux opérations projetées contre les établissements anglais de Terre-Neuve. Pendant que Brouillan prenait la voie de mer, d’Iberville, avec ses Canadiens, suivait celle de terre : on se réunit dans la baie de Toulle, d’où l’on marcha sur la ville anglaise, culbutant et dispersant tout ce qui s’opposait au passage. Deux des forts qui protégeaient la ville tombèrent au pouvoir des assaillants. Il n’en restait plus qu’un troisième en mauvais état. Le gouverneur anglais de Saint-Jean, honnête et paisible marchand élu par les pêcheurs de la ville, menacé d’un assaut, se rendit à la condition qu’on transportât la population en Angleterre ou à Bonneviste. Les fortifications furent rasées et la ville réduite en cendres[2].

Après cette conquête, le gouverneur de Brouillan retourna à Plaisance ; mais d’Iberville continua les opé-

  1. Voyages de La Hontan. t. 1er, p. 245. Édition de 1704. La Haye.
  2. Garneau, t. 1er, p. 345.