Page:Réveillaud - Histoire du Canada et des canadiens français, de la découverte jusqu'à nos jours, 1884.djvu/177

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ne craignant point l’eau, et presque toutes bonnes ménagères, ayant un grand naturel pour leurs enfants[1]. »

Il nous faut malheureusement laisser ce tableau de mœurs et d’occupations champêtres pour retrouver encore une fois le fracas des armes et le bruit des canons. Hélas ! c’est de cela qu’est faite l’histoire de nos prétendues civilisations : et c’est pour cela qu’on a pu dire justement : Heureux les peuples qui n’ont pas d’histoire !

Au moment où le Canada venait de conclure la paix de Montréal avec les Indiens et où cette paix semblait lui promettre un avenir de calme et de sécurité ; au moment où La Mothe-Cadillac, avec cent Francais-Canadiens, jetait les fondements de la ville de Détroit, clef des pays d’en haut et de la région des lacs, la mort du roi d’Espagne Charles II, décédé en 1700, sans enfants, et l’affaire de sa succession dévolue au duc d’Anjou, petit-fils puîné de Louis XIV, allait rallumer la guerre dans les deux mondes, et coaliser de nouveau contre la France, l’Angleterre, la Hollande et l’Empire.

La Nouvelle-France ne pouvait manquer de ressentir le contre-coup de cette reprise des hostilités. Le Canada proprement dit était, dans une certaine mesure, à l’abri des attaques des Anglais, au moins du côté de la terre, protégé qu’il était maintenant par la neutralité des Iroquois. Mais l’Acadie et Terre-Neuve étaient, au contraire, à la portée des agressions des marins de la Nouvelle-Angleterre qui, dès 1702, firent une première

  1. Mémoire de La Mothe-Cadillac sur les côtes de l’Amérique du Nord, en 1692. (Archives de la Marine).