Page:Réveillaud - Histoire du Canada et des canadiens français, de la découverte jusqu'à nos jours, 1884.djvu/176

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les débris, et c’est leur unique nourriture pendant l’hiver… Les chênes et les hêtres y sont très communs, et on y trouve des cours ou courtils, aussi bien plantés de pommiers qu’en Normandie. »

Pour compléter ce tableau qui ressuscite pour nous la vie de ces temps éloignés et qui s’applique d’ailleurs aussi bien au Canada de ce temps-là qu’à l’Acadie, empruntons encore quelques traits à une description de La Mothe-Cadillac :

« L’Acadie produit froment, seigle, bled d’Inde (maïs) et toutes sortes de légumes, herbes potagères, principalement des choux cabus, qui y viennent d’une grosseur excessive sans y prendre que peu de soin ; les plantes y réussissent aussi fort bien, entr’autres les pommiers et les poiriers. On sème le froment depuis le commencement d’avril jusqu’à la fin de mai, et on fait la récolte vers la fin d’août ; on y élève des bestiaux autant qu’on le veut ; le bœuf y est d’un goût merveilleux, les moutons y sont aussi gros et grands que dans les Pyrénées et en Espagne. On les mène sur la montagne, c’est-à-dire à une demi-lieue, où ils s’engraissent extrêmement, à cause de la quantité de serpolet qu’elle produit. Les chevaux y sont de belle taille, bien traversés, forts, la jambe bonne, l’ongle dur, la teste un peu grosse, mais on ne prend point de soin pour en élever, à cause qu’on n’en trouve point le débit. Il va aussi quantité de volailles, des oyes, des coqs d’Inde et des pigeons francs…

« … Les rivières fournissent aux habitants de grandes ressources pour la pêche et pour les communications. Les hommes y naviguent la plupart du temps en canots de bois ou d’écorce ; les femmes font la même besogne,