Page:Réveillaud - Histoire du Canada et des canadiens français, de la découverte jusqu'à nos jours, 1884.djvu/187

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et firent naufrage près des Sept-Îles, en face de la Gaspésie. Huit des plus gros navires se brisèrent avec un fracas épouvantable. La foudre tomba sur un autre et le fit sauter. Le lendemain matin, les corps de plus de neuf cents malheureux étaient trouvés épars sur le rivage. L’amiral anglais jugea qu’il ne lui était pas possible d’aller plus loin. Les débris de la flotte rétrogradèrent donc et s’en revinrent, les Américains à Boston, les Anglais en Europe. Mais les uns et les autres furent encore éprouvés durant le retour, comme pour justifier le dicton populaire qu’un malheur n’arrive jamais seul ; le vaisseau amiral de 70 canons sauta en vue de Portsmouth et entraîna dans sa destruction plus de 400 hommes, et, vers le même temps, un vaisseau américain de 30 canons et trois transports se perdaient à la sortie du golfe Saint-Laurent.

Ainsi délivré, et sans coup férir, de ce grand danger, M. de Vaudreuil put envoyer de nouvelles forces contre l’armée de Nicholson ; mais celui-ci, à la première nouvelle du désastre arrivé à la flotte, avait jugé bon de battre en retraite. Le Canada était encore une fois sauvé.

L’année 1711 s’écoula paisiblement. De nouveaux bruits de guerre vinrent troubler encore la colonie en 1712 ; mais tout se borna à une expédition contre une tribu indienne, celle des Outagamis, ou Renards, que les Anglais avaient réussi à soulever contre nous. Ils devaient s’emparer de Détroit et le livrer aux Anglais. Mais le gouverneur de Détroit, un officier nommé Dubuisson, prévenu à temps, se mit sur ses gardes, et avec vingt Français, renforcés de quelques centaines de guerriers des Hurons, des Outaouais et des Illinois,