Page:Réveillaud - Histoire du Canada et des canadiens français, de la découverte jusqu'à nos jours, 1884.djvu/243

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


La guerre d’Amérique, au contraire, était populaire en Angleterre ; on y devinait les résultats qu’elle devait produire et qui sont si évidents aujourd’hui. Pitt, devenu ministre, et résolu à ne pas laisser échapper une occasion si avantageuse pour les intérêts britanniques, fit d’immenses préparatifs ; de formidables escadres couvrirent les mers, transportèrent 10,000 soldats en Amérique et se préparèrent à couper toute communication entre la France et le Canada. Nos soldats allaient avoir bientôt à combattre un contre quinze et sans espoir de recevoir de secours de la mère-patrie !

Comme premier acte des opérations projetées sur mer et sur terre, une flotte anglaise de plus de vingt vaisseaux, avec une nombreuse armée de débarquement, se dirigea contre Louisbourg que le traité d’Aix-la-Cbapelle avait, l’on s’en souvient, rendu à la France. Mais arrivé à Halifax, l’amiral anglais apprit que trois escadres françaises avaient gagné Louisbourg avant lui et que leur réunion donnait à M. Dubois de la Mothe des forces égales à celles qu’il commandait. Il renonça en conséquence à son projet d’assiéger Louisbourg, mais quelque temps après, ayant reçu de nouveaux renforts, il chercha à provoquer l’amiral français au combat. M. Dubois de la Mothe, enfermé dans le port de Louisbourg, ne répondit pas à cet appel, parce qu’en ce moment une cruelle épidémie décimait ses équipages. La tempête, cette fois encore, nous secourut. Dans la nuit du 24 au 25 septembre (1757) un terrible coup de vent dispersa l’escadre anglaise, jeta à