Page:Réveillaud - Histoire du Canada et des canadiens français, de la découverte jusqu'à nos jours, 1884.djvu/244

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


la côte et brisa un vaisseau, en démâta douze autres et obligea les Anglais à jeter la plus grande partie de leur artillerie à la mer. Si le vent n’avait changé, toute la flotte anglaise se fût brisée contre les rochers de l’île Royale.

Pendant ce temps, M. de Montcalm conduisait une armée de 7,600 hommes, dont 3,000 réguliers, à l’attaque du fort William-Henry, situé à l’extrémité méridionale du lac Georges (ou lac du Saint-Sacrement) qui n’est lui-même qu’une sorte de prolongement du lac Champlain. Le colonel Munro, gouverneur de ce fort (Cooper en a fait le héros d’un de ses romans[1]), quoiqu’il n’eût que des forces intérieures, se défendit avec vigueur et prolongea tant qu’il put la défense pour donner au général Webb le temps de le secourir. Mais Webb ayant fait réponse qu’il ne pouvait lui fournir ce secours, les Anglais se décidèrent à capituler… Cette capitulation mettait entre nos mains 2,296 prisonniers, 43 bouches à feu, de la poudre, des projectiles et des vivres en quantité. L’impossibilité de nourrir tous ces prisonniers décida M. de Montcalm à les renvoyer, sous promesse de ne pas servir contre la France pendant dix-huit mois. Malheureusement la retraite de ces troupes fut marquée par une tentative de massacre du fait de nos sauvages, à qui les Anglais avaient commis l’imprudence de distribuer de « l’eau de feu ». Fenimore Cooper a fait, dans son Dernier des Mohicans, une peinture horrible de ce qu’il appelle « le massacre de

  1. Le dernier des Mohicans.