Page:Réveillaud - Histoire du Canada et des canadiens français, de la découverte jusqu'à nos jours, 1884.djvu/247

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Pour écraser cette poignée d’hommes, Pitt donna au général Abercromby, qu’il envoyait en Amérique, 22,000 soldats et 28,000 miliciens, et fit organiser un corps de réserve de 30,000 miliciens[1]. Des troupes aussi nombreuses semblaient assurer la victoire à l’Angleterre ; aussi lord Chesterfield écrivait-il à son fils, le 8 février : « Il est très certain que nous sommes assez forts en Amérique pour manger les Français tout vifs au Canada, à Québec et à Louisbourg. »

De son côté, M. de Montcalm, sans se faire d’illusion sur l’issue de la lutte, l’envisageait avec une énergie farouche : « Nous combattrons, écrivait-il ; nous nous ensevelirons, s’il le faut, sous les ruines de la colonie. »

Les généraux anglais préparèrent simultanément trois expéditions : la première contre Louisbourg ; la seconde contre Carillon ; la troisième contre le fort Duquesne.

L’amiral Boscawen conduisit la première. Parti d’Halifax avec une flotte de 20 vaisseaux de ligne et de 18 frégates, qui portait une armée de 15,000 hommes, il arriva, le 2 juin, devant Louisbourg.

La garnison de cette place, sous les ordres de M. de Drucour, comptait 2,900 soldats, (sur lesquels 2,040 seulement étaient en état de combattre), 2,500 miliciens du Canada ou de l’île Royale et 1,200 sauvages. Il n’y avait dans le port que 5 vaisseaux, hors d’état de lutter contre la flotte de Boscawen. De plus, les fortifications de la place étaient en mauvais état et inachevées.

Dans ces conditions, l’issue de la lutte n’était que

  1. Dussieux. — Ch. de Bonnechose, Montcalm et le Canada.