Page:Réveillaud - Histoire du Canada et des canadiens français, de la découverte jusqu'à nos jours, 1884.djvu/248

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trop facile à prévoir. Tout ce que put faire M. de Drucour, — secondé par sa femme qui se conduisit comme une nouvelle Jeanne Hachette, conduisant elle-même les soldats au rempart et allumant la mèche des canons, — fut de retarder de deux mois la capitulation fatale. La place se rendit le 26 juillet. M. de Drucour et la garnison furent faits prisonniers de guerre, et les habitants transportés en France.

La prise de Louisbourg et de l’île du Cap-Breton acheva de donner aux Anglais, déjà maîtres de l’Acadie et de Terre-Neuve, les clefs du Canada et la libre disposition de l’embouchure du Saint-Laurent. Aucun secours de France ne pouvait plus arriver au Canada sans avoir à passer sous le canon de leurs forts ou sous le feu de leurs escadres.

Cette conquête causa une joie bruyante en Angleterre où, depuis quelques années, les généraux n’avaient pas accoutumé Georges II aux triomphes. Les réjouissances ne furent pas moins grandes dans la Nouvelle-Angleterre. Cependant la nouvelle, qui arriva vers le même temps, de la bataille de Carillon et de la défaite complète du général Abercromby par notre Montcalm, vint mettre une sourdine à ces fanfares de triomphe.

Cette journée de Carillon est certainement une des plus belles de nos fastes militaires. Les Anglais qui marchaient sous Abercromby à l’attaque de cette bicoque, (sise à l’emplacement de la ville actuelle de Ticondéroga), ne comptaient pas moins de 16, 000 hommes, dont 7, 000 de troupes de ligne. Montcalm, Lévis et Bourlamaque n’avaient sous la main, pour la défendre, qu’un peu plus de 4, 000 hommes. Quelques