Page:Réveillaud - Histoire du Canada et des canadiens français, de la découverte jusqu'à nos jours, 1884.djvu/268

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Ouest de l’île de Terre-Neuve mais sans le droit de fonder sur ces côtes d’établissements fixes).

Mais ce n’est pas tout, et par le même traité, la France cédait à l’Espagne, en compensation des pertes auxquelles elle l’avait entraînée par suite du pacte de famille, outre Minorque que nous avions prise sur les Anglais, la Louisiane qui ne comptait sans doute encore que peu de colons, mais qui valait pourtant la peine d’être conservée[1]. Ainsi tout l’hémisphère américain se trouva partagé entre les Anglais et les Espagnols. Ainsi encore disparut la « Nouvelle France » d’Amérique qu’avaient voulu constituer et développer les François Ier, les Coligny, les Champlain, les Poutrincourt, les Henri IV, les Richelieu, les Colbert, tous ces génies si éminemment français. Elle succomba victime du nombre, victime surtout de l’impéritie et des folies d’un gouvernement déshonoré. Elle succomba en léguant à la vieille France, dont les événements la séparaient ainsi brutalement, le souvenir de tout un passé glorieux de découvertes, d’aventures, de batailles, de vaillantises de toute nature, qui ont ajouté de si nobles pages au livre d’or de la vieille race Gauloise. Mais retenons aussi de cette histoire cette leçon que, plus que personne peut-être, nous avons besoin de nous répéter constamment à nous-mêmes : c’est que l’esprit d’entreprise, la valeur personnelle, les qualités brillantes et chevaleresques, les dons d’un cœur

    tion sédentaire est surtout composée d’Acadiens français, et grâce aux encouragements accordés par la métropole, ces expéditions se sont incessamment accrues.

  1. La Louisiane devait revenir à la France en 1701, pour être cédée, en 1811, aux États-Unis, contre la somme de 80 millions de francs.