Page:Réveillaud - Histoire du Canada et des canadiens français, de la découverte jusqu'à nos jours, 1884.djvu/292

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M. de Choiseul, à qui remontait pour une bonne part la responsabilité de cette entreprise imprudemment conçue et trop légèrement exécutée, essaya de se dégager en faisant arrêter et juger d’abord l’intendant Thibaut de Chevalon, puis le gouverneur, le chevalier Turgot. Le procès dura longtemps sans amener de grands résultats. La faute de toutes ces vies perdues, de tout cet argent dépensé en pure perte (Malouet parle de 30 millions) était moins aux hommes qu’au régime. « Après nous le déluge ! » disait Louis XV. À vrai dire, le déluge montait déjà et le vaisseau de l’ancien régime craquait et faisait eau de toutes parts. En attendant, suivant le mot du Fabuliste :

Les petits pâtissaient des sottises des grands.


Mais il nous faut revenir maintenant aux Canadiens, qui seuls ont eu véritablement une histoire depuis la conquête, et nous n’abandonnerons plus désormais jusqu’à la fin de ce récit, cette branche de beaucoup la plus importante du tronc français transplanté sur le sol américain.

Non content de démembrer le territoire, on s’en prit aux lois des anciens habitants. Le roi d’Angleterre, nutu proprio et sans consulter même son Parlement, abolit les lois françaises, pour y substituer l’amas confus et incohérent de la législation anglaise : et cela pour favoriser quelques émigrants anglais qu’on essayait, sans y réussir, d’attirer au Canada ! « C’était renouveler, dit Garneau, l’attentat contre les Acadiens,

    femme et ses douze enfants, laissa ses os sur terre américaine. Son acte d’inhumation porte la date du 2 avril 1765. (Actes de l’état civil des Îles-du-Salut (Guyane française) conservés aux Archives de la marine).