Page:Réveillaud - Histoire du Canada et des canadiens français, de la découverte jusqu'à nos jours, 1884.djvu/35

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Je maintiendrai. Les qualités qui distinguaient l’amiral sur les champs de bataille et faisaient ses défaites aussi dangereuses à ses adversaires que des victoires, ne l’abandonnaient jamais dans le conseil et, qu’il s’agît de paix ou de guerre, d’une délibération dans un Synode ou d’une entreprise de colonisation, toujours cette fermeté calme se retrouvait au service d’un robuste bon sens pour préparer le succès des justes causes qu’il servait, ou pour en réparer les revers[1].

L’amiral tint donc ferme dans ses résolutions. Par ses soins, une nouvelle expédition partit en 1564, sous les ordres du capitaine de Laudonnière, gentilhomme protestant du Poitou : celui-ci débarqua avec ses gens et ses provisions près de la rivière de Mai, à quelque distance de l’endroit où s’était fixée la colonie précédente. Il donna au pays où il s’établissait et au fort qu’il éleva dans l’intérieur des terres le nom de Caroline, nom que portent encore aujourd’hui deux États de la grande République Américaine. Cette colonie « qui serait devenue un empire florissant si elle avait été suffisamment protégée[2] », fut malheureusement, comme ç’avait été le cas pour l’expédition précédente, laissée trop longtemps à ses seules et trop précaires ressources. Les privations et la misère surexcitèrent quelques mutins, qui allèrent jusqu’à

  1. La France de notre génération ne fait que s’honorer et réparer une longue injustice envers cette grande mémoire en élevant à Paris, au chevet du temple de l’Oratoire, tout près de cette place de Saint-Germain-l’Auxerrois, où sonna le tocsin néfaste de la Saint-Barthélemy, une statue à Coligny, à celui qu’on a appelé « le plus grand des Huguenots ».
  2. Garneau, Hist. du Canada, p. 31.