Page:Réveillaud - Histoire du Canada et des canadiens français, de la découverte jusqu'à nos jours, 1884.djvu/351

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C’est ainsi qu’elle refusa de voter la liste civile que le gouverneur s’était avisé, proprio motu, d’augmenter d’un cinquième et qui comprenait plusieurs charges que la Chambre jugeait inutiles ou exorbitantes. Il fallut encore proroger, puis dissoudre la Chambre. Richmond mourut sur ces entrefaites de la morsure d’un renard (1819) et dans l’espace de quelques mois le gouvernement passa successivement aux mains de trois gouverneurs, Monk, Maitland, enfin lord Dalhousie qui fut nommé, en juin 1820, aux fonctions de « gouverneur général des colonies anglaises de l’Amérique du nord. »

À ce moment l’Angleterre, reconnaissant qu’elle aurait bien de la peine à vaincre l’obstination des Canadiens d’origine française, sembla vouloir entrer dans la voie des concessions. Pour donner satisfaction aux catholiques, le cabinet de Londres reconnut officiellement l’évéché romain de Québec, et nomma son titulaire (M. Plessis) membre du conseil législatif. À peine reconnu par Londres en qualité d’évêque, M. Plessis recevait de Rome le titre d’archevêque et pour lui constituer une province ecclésiastique, trois nouveaux évéchés étaient créés à Montréal, Rose et Régiopolis (Kingston). Par où l’on peut voir, une fois de plus, qu’il est plus facile de céder à l’ambition cléricale que de la rassasier. La diversion que le gouvernement anglais avait pensé faire avec cette mesure n’empêcha pas d’ailleurs le développement de l’esprit d’opposition dans le pays. Cette opposition tenait à des causes trop profondes pour qu’on pût l’apaiser avec des semblants de satisfactions.

Les griefs du peuple canadien étaient de diverse