Page:Réveillaud - Histoire du Canada et des canadiens français, de la découverte jusqu'à nos jours, 1884.djvu/350

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voisins, si bien qu’il n’est pas rare aujourd’hui de rencontrer dans les districts du Bas-Canada des fermiers qui portent des noms anglo-écossais, des Donaldson ou des Mac Gregor qui vont le dimanche à la grand’messe avec leur famille et qui parlent le pur français du XVIIe siècle, ignorant parfois jusqu’au premier mot de la langue de leurs ancêtres.


Cependant, les relations se tendaient de plus en plus entre l’Assemblée canadienne et les gouverneurs. Deux juges, suspects de malversations, Monk et Sewell, ayant été mis en accusation par la Chambre, le général Drummond, qui avait remplacé Prévost, ne tint aucun compte de ce vote et même le fit censurer par la couronne. La Chambre tint bon, et Drummond n’eut raison de sa résistance qu’en prononçant sa dissolution. Les électeurs réélurent d’ailleurs, presque sans modifications, la même Chambre (1816).

Le gouvernement anglais, pour apaiser les esprits, dut rappeler le général Drummond et le remplacer par un gouverneur (lord Sherbrooke), qui montra des dispositions plus habiles et plus conciliantes que son prédécesseur (1816). — Sherbrooke se lassa d’ailleurs assez vite des difficultés de sa tâche et demanda son rappel au bout de deux ans (1818). Le duc de Richmond, lord-lieutenant d’Irlande et connu par son faste et ses prodigalités, fut appelé à lui succéder.

La Chambre canadienne — qui avait déjà engagé la lutte contre lord Sherbrooke à propos de la question des subsides qu’elle ne voulait voter qu’autant qu’elle en aurait la libre disposition — recommença la lutte, plus énergiquement encore, contre lord Richmond.