Page:Réveillaud - Histoire du Canada et des canadiens français, de la découverte jusqu'à nos jours, 1884.djvu/355

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président de l’Assemblée. Le gouverneur refusa de ratifier cette nomination. L’Assemblée persista dans son vote et reconduisit Papineau au fauteuil. Il fallut encore une fois dissoudre la Chambre (1827).

La situation se tendait à l’extrême. En vain, pour amener une détente, le gouvernement remplaça-t-il Lord Dalhousie (1828) par un nouveau gouverneur, sir James Kempt — bientôt remplacé à son tour par lord Aylmer (1830). — Les Canadiens maintinrent leurs prétentions et refusèrent de désarmer. Une échauffourée qui se produisit le 21 mai 1831 à Montréal, à l’occasion d’une élection chaudement contestée et dans laquelle trois Canadiens français furent tués par les troupes anglaises, eut pour résultat d’enflammer encore les esprits. Le choléra, qui éclata sur ces entrefaites (1832) et fit en quelques mois des ravages terribles au Canada[1], amena, pour un temps, une diversion aux préoccupations de la politique ; mais à peine le fléau avait-il disparu que l’agitation reprenait, entretenue dans les campagnes comme dans les villes, par des meetings et des réunions populaires où les orateurs faisaient ardemment le procès au gouvernement colonial.

Ces revendications trouvèrent leur expression dans un long manifeste, connu sous le nom des « quatre-vingt-douze résolutions », qui contenait l’énumération complète des griefs du peuple canadien contre le gouvernement anglais. Le manifeste se terminait par une mise en accusation du gouverneur général devant la chambre des lords. Les débats furent longs et ar-

  1. On estime qu’à Québec seulement le fléau emporta plus de 5,000 personnes.